Tu n'es pas seul, car El-Roï te voit et t'entend.

Dernière mise à jour : 6 janv.

Certes, le temps présent peut être difficile pour des personnes habituées de vivre dans le comfort d'une grande part des pays occidentales. Je crois cependant que l'une des choses utiles - si je peux m'exprimer ainsi - qu'ont démontrées les deux dernières années est la gravité des conséquences d'un individualiste de société toujours plus croissant. Ce fameux moi, au détriment du nous. Lorsque tout semble bien aller extérieurement, il peut sembler normale, voir préférable, de vivre sa vie pour soi et de négliger les relations véritables qui sont si durs à construire. Mais lorsque les choses vont réellement mal, le premier fruit pourri de l'individualisme se fait sentir rapidement : une solitude accablante s'empare du coeur de beaucoup, particulièrement des plus vulnérables.


Malheureusement, puisque la maladie mondaine de l'individualisme à aussi contaminer la culture évangélique, ces dernières années ont été particulièrement difficiles pour des membres de nos églises qui ont, parfois volontairement, parfois involontairement, été séparés des frères et soeurs. Mais il ne faut pas faire l'erreur de penser que le chrétien qui vit de la solitude soit dans la même situation que celui qui ne connait pas Dieu. De manière terrestre, peut-être que la situation est la même. Mais spirituellement, les deux situations ne pourraient pas être plus diamétralement opposées. L'une des réalités qui est à la base de cette différence majeure est qu'en la personne du Christ Jésus, le véritablement chrétien appartient à El-Roï.


C'est de lui que je veux te parler dans cet article. Mon frère, ma soeur, si tu vis présentement de la solitude, je te pris de rejeter toute pensée qui te dis que tu es vraiment seul ou que la situation extérieur doit absolument changer pour que tu expérimente la consolation du Seigneur. Ta solution est l'Évangile. Ta solution se trouve dans le Dieu avec lequel Christ t'a réconcilié. Laisse moi donc te rappeler l'un des plus beau nom que porte ton Dieu.

El-Roï se traduit par « le Dieu qui voit » et se retrouve dans un seul passage de la Bible. C’est Agar, la servante de Saraï, femme d’Abram, qui invoque Dieu ainsi :

« Elle appela Atta-El-roï [ tu es le Dieu qui me voit ] le nom de l’Éternel qui lui avait parlé. » (Genèse 16.13)

Dans le contexte de Genèse 16.1-14, Agar nous est d’abord présentée comme étant probablement en train de vivre l’un des moments les plus joyeux de sa vie : de servante qu’elle était, elle est devenue enceinte d’un grand homme d’influence qui détenait des promesses glorieuses de la part du Dieu Tout-Puissant. Le texte ne dit pas si elle connaissait les promesses concernant la descendance que Abram devait avoir, mais si c’était le cas — ce qui est fort possible selon moi — il est facile de s’imaginer quelle fierté elle pouvait ressentir : parce qu'elle était stérile, la femme même d’Abram ne pouvait lui donner l’enfant de la promesse, mais Agar devint enceinte de lui. Allait-elle donc devenir celle qui allait être l’instrument de Dieu dans l’accomplissement de la promesse ? Son nom allait-il maintenant être pour toujours associé à Abram et à sa descendance ?

Nous savons la suite du récit et comment le fils d’Agar, Ismaël, n’allait pas être l’enfant de la promesse : lui qui avait été engendré par la volonté de la chair et non par la puissance de celui qui a fait la promesse. Mais pour ce qui nous concerne, il suffit de comprendre qu’Agar devait être très heureuse et satisfaite (ce qui explique probablement son attitude méprisante envers Saraï).


Imaginez donc sa détresse lorsque sa situation se change complètement et qu'elle subit une dure maltraitance par sa maîtresse, au point qu’elle ressent l’obligation de s’enfuir loin d’elle. (16.6) C’est une réalité souvent relevée dans la Bible et confirmée par l’expérience humaine, que plus nous tombons de haut, plus la chute est douloureuse et accablante. Je crois donc que nous ne sommes pas dans le tord si nous affirmons qu’Agar devait maintenant expérimenter une des grandes détresses de sa vie.


C’est alors que le passage fait mention d’une chose absolument extraordinaire : l’ange de l’Éternel lui apparaît et lui prononce des paroles époustouflantes :

« Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. L’ange de l’Éternel lui dit : Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter. L’ange de l’Éternel lui dit : Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël ; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction. Il sera comme un âne sauvage ; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui ; et il habitera en face de tous ses frères. » (16.9-12)

Dieu dit à Agar de retourner d’où elle s’est sauvée et ça malgré la difficulté que cela lui procurera. Mais Dieu ne la renvoie pas à vide, car il lui donne aussi une promesse merveilleuse concernant son fils. Certes, la descendance d’Abram en qui toutes les familles de la terre seront bénies ne sera pas Ismaël, mais sa postérité à lui aussi « sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter. » L’Éternel prend même le temps de lui dire de douces et rassurantes paroles qui expliqua, du coup, la signification du nom de son fils : « tu donneras le nom d’Ismaël ; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction. » Ismaël signifie littéralement « Dieu entend », et donc le fils qu’elle porte dans son ventre sera toujours un rappel précieux que « l’Éternel [l’a] entendu dans [son] affliction. »


C’est après ces paroles divines venant de l’ange de l’Éternel qu’Agar « appela Atta-El-roï le nom de l’Éternel qui lui avait parlé. » Atta-El-roï signifie littéralement « tu es le Dieu qui me voit ». Il devient évident pourquoi Agar s’exclama ainsi : Tout comme Dieu l’a entendu dans son affliction, il l’a aussi vu dans sa détresse. Tout le passage nous démontre que le nom divin El-Roï témoigne de deux précieuses réalités pour nous : Dieu nous voit et Dieu nous entend dans nos afflictions.


Ai-je vraiment besoin de te convaincre de la valeur que ce précieux nom à pour l’âme du chrétien qui se retrouve être dans l’affliction ? Vois-tu, peut-être que ce nom est seulement utilisé ici dans les Écritures, mais la vérité certaine que Dieu nous voit et nous entend dans nos afflictions en traverse cependant toutes les pages ! Faisons donc plaisir à notre âme, et méditons quelques vérités qu’implique El-Roï.


1. Premièrement, puisque l’Éternel porte le nom d’El-Roï, soyons certain qu’il voit et entend absolument toutes nos difficultés et détresses, autant celles qui nous affligent de l’extérieur, que celles qui nous affligent de l’intérieur :

« L’Éternel dit : J’ai vu la souffrance de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs, car je connais ses douleurs. » (Exode 3.7)

Remarquez-vous que même si El-Roï n’est pas mentionné dans ce passage, les deux concepts vus précédemment s’y retrouvent très clairement  : « J’ai vu la souffrance de mon peuple […] et j’ai entendu les cris ». C’est un mensonge qui vient tout droit de l’enfer que Dieu oublie les siens dans la souffrance. Satan va toujours tenter de vous faire croire que Dieu n’a pas égard à vos souffrances , qu’il ne vous voit pas et ne vous entend pas , ou que même s’il vous voit et vous entend, il n’y a cependant pas égard. Mais lorsque nous souffrons d’une manière ou d’une autre, soyons en hâte de lever le bouclier de la foi et l’épée de la Parole de Dieu, afin que notre confiance ne soit pas dans les mensonges enflammés du diable, mais plutôt dans la vérité incontestable que El-Roï voit les souffrances de son peuple et qu’il entend leurs cris  !


De plus, remarquez la raison que Dieu donne du fait qu’il voit et entend les afflictions d’Israël en Égypte : « car je connais ses douleurs.  » La raison pour laquelle Dieu entend et voit nos afflictions, c’est parce qu’il connait nos douleurs. Mais ne pensons pas que cela veut simplement dire que Dieu sait de manière purement «  intellectuelle  », en raison de son omniscience, que nous souffrons.


Le concept biblique de «  connaissance » est profond pour les Hébreux. En fait, il communique très souvent l’idée d’intimité et de proximité. Et je crois que c’est ce que l’Éternel communique ici à Moïse : Dieu n’est pas froidement éloigné d’eux, sachant tout simplement les faits que son peuple souffre. Au contraire, il s’identifie à eux dans leurs douleurs, il sait ô combien ils souffrent et cela attise - humainement parlant - son grand amour et sa miséricorde.


Et comment pourrait-il en être autrement, puisque l’Éternel lui-même nous considère gracieusement aussi précieux que ses propres yeux ?

« Car celui qui vous touche touche la prunelle de son œil. » (Zacharie 2.8)

El-Roï entend et voit nos afflictions puisqu’il connait nos douleurs, et cela parce que nous sommes intimement unis à lui en Jésus Christ. La même vérité est aussi enseignée dans le Nouveau Testament, où nous apprenons que nous sommes les membres du corps du Christ, lui étant la Tête :

« Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. » (1 Corinthiens 12.27)

Et l'apôtre Paul vient juste d’enseigner dans le verset précédemment cette affirmation  :

« Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (12.26).

Certes, l’apôtre parle de la relation entre les membres du corps, mais je crois que cela implique aussi que si un membre souffre, la tête est plus qu’intellectuellement associée aux souffrances. En fait, Paul lui-même a appris cette réalité de manière assez drastique, lorsque le Seigneur Jésus Christ ressuscité lui apparut sur le chemin de Damas, en lui disant :

« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 9.4)

Paul faisait du mal à l’Église, et pourtant Christ lui demande «  pourquoi me persécutes-tu ?  » ; dévoilant, du coup, quelle grande intimité il a avec son peuple, et cela même dans leurs afflictions.


2. Deuxièmement, puisque l’Éternel porte le nom d’El-Roï, il ne fait pas seulement connaître et compatir à nos souffrances, mais il agit gracieusement envers nous par rapport à celles-ci. Lorsque la Bible dit qu’il entend et voit, c’est dans le sens d’entendre et de voir afin d’agir. L’ange de l’Éternel n’a pas seulement dit à Agar qu’il la voyait et l’entendait, mais c’est parce qu’il l’entendait et la voyait qu’il est venu lui promettre la promesse. Parce que l'Éternel voit et entend Agar, Agar reçoit la consolation d’une promesse.


Prêtez attention à ce que Dieu dit à Moïse immédiatement après avoir affirmé qu'il entend leurs cris et voit leurs souffrances (Exode 3.7) :

« Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens, et pour le faire monter de ce pays dans un bon et vaste pays » (3.8).

Une fois de plus, le fait que Dieu est vu la souffrance et entendu les cris de son peuple est une manière de dire qu’il agit, et dans ce cas-ci, «  pour le délivrer  ». Sachons donc avec assurance, frères et sœurs, que parce qu’El-Roï est notre Dieu, qu’il nous entend et qu’il nous voit, nous avons toujours un Libérateur prêt à nous secourir. Ce n’est pas en vain qu’il nous appelle tous par ces paroles :

« […] invoque-moi au jour de la détresse ; je te délivrerai, et tu me glorifieras. » (Psaume 50.15)

3. Troisièmement, puisque l’Éternel porte le nom d’El-Roï, nous ne sommes jamais seuls, même lorsque nous sommes isolés des êtres humains, ou que nous vivons une solitude alors même que nous sommes entourés de personnes.

Les yeux de l’Éternel Dieu ne quittent absolument jamais ses précieux enfants qui se confient en lui. Le peuple de Dieu a toujours eu tendance à douter et croire que Dieu l’oublie lorsqu’il souffrait. Mais écoutez ici ce que lui-même répond à ce doute :

« Sion disait : L’Eternel m’abandonne, le Seigneur m’oublie ! Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oubliera, moi je ne t’oublierai point. Voici, je t’ai gravée sur mes mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux. » (Ésaïe 49.14-16)

Ne crois donc jamais le Trompeur, cet ennemi de ton âme, qui veut te faire croire que Dieu t’oublie. El-Roï te voit toujours et El-Roï t’entend toujours, parce que tu es gravé sur ses mains  ! Lève tes yeux et contemple ton Dieu. Confie-toi en lui, et reçois ces promesses par la foi. Invoque El-Roï, et fait monter ta plainte jusqu’à ses oreilles. Tu n'es pas seul, car El-Roï te vois et t'entend.


Vincent Lemieux

Soli Deo Gloria

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