Tu travailleras six jours (Thomas Watson)

Dernière mise à jour : 2 juin

De nos jours, nous rencontrons dans plusieurs milieux évangéliques une sorte d’apathie, voire même de mépris, pour ce qui concerne le travail. C’est comme si le chrétien n’avait que la tête dans les nuages et non plus les pieds sur la terre. Autrement dit, la vocation céleste est la seule chose importante, et le travail sur la terre n’est qu’une nécessité vile et imposée.


Pour leurs parts, les Puritains en avaient une toute autre vision. Pour eux, ce que nous appelons aujourd’hui le « travail séculier » était une vocation venant de Dieu et devait être embrassé et pratiquer avec joie et zèle. Je vous partage ici une traduction d’une partie de l’exposition que Thomas Watson fait du quatrième commandement, où il représente la confession majoritaire du puritanisme. Tout ce qui suit est de Watson.


« Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. » (Exode 20.9)

Dieu ne veut pas que quelqu’un vive en dehors de sa vocation ; la religion ne justifie pas l’oisiveté. C’est aussi bien un devoir de travailler six jours que de se reposer saintement le septième jour.

« Nous apprenons, cependant, qu’il y en a parmi vous quelques-uns qui vivent dans le désordre, qui ne travaillent pas, mais qui s’occupent de futilités. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à manger leur propre pain, en travaillant paisiblement. » (2 Thessaloniciens 3.11-12)

Le chrétien ne doit pas seulement penser au ciel, mais aussi à sa vocation. Alors que le pilote a l’œil sur l’étoile, il a la main sur le gouvernail. Sans travail, les piliers d’une république se dissoudront, et la terre sera comme le champ du paresseux, envahi par les ronces :

« J’ai passé près du champ d’un paresseux, et près de la vigne d’un homme dépourvu de sens. Et voici, les épines y croissaient partout, les ronces en couvraient la surface, et le mur de pierres était écroulé. » (Proverbes 24.30)

Dieu ne voulait pas qu’Adam, dans son innocence, soit oisif, mais il devait cultiver et labourer le sol, et cela bien qu’il fût le monarque du monde :

« L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder. » (Genèse 2.15)

La piété n’exclut pas l’industrie : « Tu travailleras six jours. » L’eau stagnante se putréfie. Les créatures inanimées sont en mouvement. Le soleil fait son circuit, la fontaine coule, le feu étincelle. Les créatures animées travaillent. Solomon nous envoie à la fourmi […] pour apprendre le travail : « Va vers la fourmi, paresseux ; considère ses voies, et deviens sage. » (Proverbes 6.6 ; voir aussi 30.25) L’abeille est l’emblème de l’industrie ; certaines abeilles taillent le miel, d’autres travaillent la cire, d’autres encadrent le rayon, d’autres sont sentinelles à la porte de la ruche pour empêcher le faux-bourdon d’entrer. Et l’homme ne doit-il pas s’astreindre encore plus au travail ? La loi prononcée au paradis n’a jamais été abrogée :

« C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain. » (Genèse 3.19)

M. Perkins a dit : « Qu’un homme soit doté de dons excellents, qu’il écoute la parole avec respect et reçoive le sacrement, s’il ne pratique pas les devoirs de sa vocation, tout n’est qu’hypocrisie. » À quoi sert une personne oisive ? Quel est l’intérêt d’un navire qui reste toujours sur le rivage, ou d’une armure qui s’accroche et rouille ? Vivre en dehors de sa vocation expose à la tentation. Melancthon appelle l’oisiveté le bain du diable, parce qu’il se baigne avec délices dans une âme oisive. Nous n’avons pas l’habitude de semer de la graine dans la terre lorsqu’elle est en jachère ; mais Satan sème la plus grande partie de sa graine de tentation dans les personnes qui sont en jachère, et qui n’ont pas de vocation.


L’oisiveté est la nourrice du vice […] Nous lisons dans les Écritures qu’il est possible de manger « le pain de paresse » (Proverbes 31.27), et de boire le « vin de la violence. » (Proverbes 4.17) L’un et l’autre sont des péchés. Une personne oisive ne peut rendre compte de son temps. Le temps est un talent à échanger, tant dans notre vocation particulière que générale : le paresseux cache son talent dans la terre ; il ne fait rien de bon ; son temps n’est pas vécu, mais perdu. Un oisif vit sans profit ; il encombre le sol. Dieu appelle le serviteur paresseux « méchant » :

« Serviteur méchant et paresseux. » (Matthieu 25.26)

Les oisifs vivent donc en violation de ce commandement : « Tu travailleras six jours. » Qu’ils veillent à ne pas être bannis du paradis. Un homme peut aussi bien aller en enfer pour ne pas travailler à sa vocation que pour ne pas croire.

Soli Deo Gloria

Vincent Lemieux

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